En route, mauvaise troupe !

La famille Cook largue les amarres
Auteur : Kenneth Cook
Editeur : Autrement

Il était une fois les années soixante : Kenneth Cook menait avec sa femme Patricia une vie ordinaire dans une banlieue tranquille de Chatswood, en Australie. Enfin ça, c’était avant qu’ils ne décident sur un coup de tête de tout plaquer pour voyager jusqu’en Europe, sans un sou en poche et avec quatre enfants à charge.

Les voilà à bord du Manresa, un bateau de croisière plus que lowcost à destination de Gênes, pour une aventure rocambolesque. Épidémie, naufrage, affaire de contrebande, cavale : Cook réunit tous les ingrédients pour nous embarquer dans un périple farfelu et terriblement drôle. Dans ce récit véridique (photos inédites à l’appui!) publié en 1963 et jamais traduit en français, il nous prouve qu’il n’y a rien de plus réjouissant que de barouder en famille. Disons qu’il faut simplement savoir improviser.

Traduction : Mireille Vignol
21,90 €
Parution : Juin 2020
264 pages
ISBN : 978-2-7467-5504-8
Fiche consultée 80 fois

Extrait

Je soupçonne que tout a commencé quand ma voiture a décidé de dévaler la rue devant notre mai- son de Chatswood, une banlieue de Sydney.
Dans ce doux havre de tranquillité, on pourrait s’imaginer qu’il est possible de mener une vie sans danger en Australie, si tant est que cela existe quelque part au monde. C’est là que le bât blesse. C’est impossible.
Patricia et moi étions en train de désherber le jardin. Notre voiture était garée devant chez nous, au sommet d’une rue très pentue. En cette belle journée ensoleillée, seuls les battements d’ailes des abeilles qui butinaient autour de nous perturbaient le calme environnant.
Je m’échinais à arracher une mauvaise herbe récal- citrante, tête baissée, lorsque Patricia poussa un cri. Notre voiture avait entrepris de descendre la colline. Patricia se précipita droit devant le véhicule, vrai- semblablement dans l’intention de l’arrêter à la force de ses poignets ou de jeter son corps sous les roues
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en guise de cales. C’était une belle voiture, certes, mais je trouvais que mon épouse faisait preuve d’un zèle excessif. Je lui hurlai dessus, tout en courant derrière le véhicule dans le but d’atteindre le niveau de la portière du conducteur, de l’ouvrir et de bon- dir à l’intérieur. C’est alors que je compris pourquoi Patricia envisageait de se suicider pour freiner la voi- ture : nos deux jeunes fils, Paul et Anthony, se trou- vaient sur la banquette avant.
Le véhicule filait de plus en plus rapidement, mais je réussis à rejoindre le côté conducteur. Alors que j’essayais en vain d’ouvrir la portière, nous dévalions la colline de front, la voiture et moi, à la même vitesse exactement. (Plus tard, nous avons fait des tests et estimé qu’elle roulait à vingt-quatre kilomètres à l’heure. En d’autres termes, si j’avais continué assez longtemps, j’aurais réussi à courir le mile en quatre minutes.)
Je tirai sur la poignée de la portière. Verrouillée. C’était le type de verrou que l’on active de l’inté- rieur en appuyant sur la tirette. Les garçons devaient l’avoir poussée. La voiture continuait d’accélérer et moi aussi, sans cesser de m’acharner sur la poignée.

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