L'Enfant de l'ogre

Auteur : Delphine Saubaber
Editeur : Phébus

Y a-t-il plus grand trauma que de perdre sa mère du fait de son père ? Partant d'un angle mort des féminicides, Delphine Saubaber nous plonge dans un roman déchirant d'une sidérante vérité.

"Vous voulez que je vous ouvre ma tête pour aller voir dedans ? Si j'étais vous je voudrais pas savoir."

C'est un homme inquiet qui appelle la gendarmerie parce qu'il est sans nouvelles de sa femme. C'est une infirmière aimant marcher seule quand le sommeil la fuit. C'est un petit garçon avec des yeux profonds comme des lacs et qui a perdu sa mère.

Mathis a six ans. Entendu par les gendarmes et une psychiatre, il est le dernier témoin du fait divers qui s'abat sur lui et les siens. Alors il répond, hésite, se reprend, raconte son quotidien fait de jeux et de baisers sur le front. Questionne l'attente. Car lorsqu'on disparaît, c'est bien qu'on est encore quelque part, non ?

Ça commence dans le Narbonnais, juste avant Noël. Un couple sur le point de se séparer, des étangs fouillés sans relâche, un enfant seul. Et c'est sa voix qu'on entend. Voix de tête dans ce roman où amour, violence et solitude sont disséqués par les principaux intéressés en un long chant qui se déploie jusqu'à l'inexorable.

20,50 €
Parution : 15 Janvier 2026
288 pages
ISBN : 978-2-7529-1483-5
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La presse en parle

On le comprend dès les premières pages, l’Enfant de l’ogre développe une affaire de féminicide. Delphine Saubaber donne la parole à chacun des protagonistes mais principalement à l’enfant, celui qu’on n’écoute jamais et qui souffre dans un silence de mort. La romancière (qui est par ailleurs grand reporter) parvient avec un talent de dentellière à faire entendre cette voix frêle, faire vivre cette silhouette un peu grêle, cet être mutique tellement seul dans sa douleur. L’autrice se glisse délicatement dans la tête du garçon qui grandit trop vite et pense à sa vie d’avant avec les jouets de sa chambre, les photos du bonheur à la plage entre ses deux parents qui souriaient largement. Elle tisse une toile fine, accorde du temps à chacun, à chaque jour qui passe, ne plonge ni dans le pathos ni dans la facilité larmoyante. Avec justesse, elle laisse le dernier mot à Mathis, l’autre victime rongée par cette peur terrible d’oublier les morts quand le temps passe inexorablement.
Libération

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