Un tramway long comme la vie

Un tramway long comme la vie

Auteur : Vladimir Maramzine
Editeur : Les Editions Noir Sur Blanc

Dans ses nouvelles, Vladimir Maramzine fait preuve d'une grande inventivité stylistique, marquée par l'ironie et l'absurde, dans la tradition de la littérature russe du XX e siècle (Zochtchenko, Platonov). C'est un petit garçon qui s'offusque d'être jeté sans ménagement dans une rivière pour apprendre à nager ; c'est une journée dans la vie d'un frotteur de parquet ; ce sont des métiers disparus et des portraits mémorables, dressés à partir de détails surprenants (un vieillard heureux d'avoir gardé ses dents, qui ne cesse de clapper et de jouer de la bouche)...Dans une prose piquante et parfois cruelle, Vladimir Maramzine fait revivre le monde de l'après-guerre en URSS. Le plus long récit du recueil, Un tramway long comme la vie, se passe à Leningrad juste après la guerre. Le narrateur déroule l'histoire de sa vie, avec le tramway pour fil rouge. Par les fenêtres du wagon, c'est une ville exsangue que l'on découvre (les bâtiments détruits, les traces du blocus...), mais aussi des habitants qui cherchent à retrouver un quotidien normal. C'est dans le tram que le narrateur rencontre des filles, s'essaie au difficile métier de pickpocket, échange des insultes, regarde les passagers lire ou manger. Jour après jour, le tram devient pour lui un poste d'observation depuis lequel il voit l'URSS changer... jusqu'à son dernier souffle sur les rails.

Traduit du russe par Anne-Marie Tatsis-Botton
18,00 €
Parution : Janvier 2019
160 pages
ISBN : 978-2-8825-0543-9
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La presse en parle

Nouvelles. La Russie au cœur

En 1974, Vladimir Maramzine est arrêté à Leningrad pour activités dissidentes et condamné. Il finit par s’exiler en Occident. Prosateur inclassable, il est l’auteur de récits oscillant entre la nouvelle et le sketch, tous centrés sur la Russie, même lorsque l’action se passe en France, où Maramzine réside depuis quarante ans. Dans ces nouvelles, le monde qu’il dépeint est d’une grande ambivalence, renvoyant à l’Union soviétique haïe et à la Russie de sa jeunesse (il est né en 1934). Maramzine fait ainsi mentir l’adage russe selon lequel « on n’emporte pas sa patrie à la semelle de ses souliers ». Dans ce deuxième livre traduit – après son Moi, avec une gifle à la main (Lunau Ascot, 1982) – lui a emporté la sienne à la pointe de son stylo.
Elena Balzamo, Le Monde des Livres