Le cantonnement
Enfant, Nadia vit sur le domaine agricole de sa grand-mère Sylvia, en Afrique du Sud. Fils de pêcheur, son cousin Xavie grandit à Santekraam, un village côtier. Dans les années 1990, les deux adolescents déménagent avec leurs parents dans un faubourg de la ville du Cap. Nadia y devient « la personne la plus fâchée de toute la terre », Xavie encaisse en silence. Quand Sylvia, « reine-mère du mensonge », laisse tomber la vérité comme un précieux vase de porcelaine, Xavie et Nadia prennent tour à tour la parole pour épousseter les morceaux et tenter de reconstituer l'histoire familiale, sa violence et ses secrets. Un roman qui fait parler une génération née au début des années 1980, et révoltée au sein de cette « nouvelle Afrique du Sud » où les traces de l'ancienne sont partout à vif.
La presse en parle
Avant même d'en lire la première page, l'on sait que la traduction française du Cantonnement résulte d'une aventure inouïe. Imaginez une voix venue d'Afrique du Sud, s'exprimant en kaaps (cousin de l'afrikaans, mêlant argot et anglais), langue longtemps méprisée que le talent de Ronelda S. Kamfer est parvenu à faire rayonner. Puis pensez à tout ce que cette voix à la puissance électrisante a dû traverser : l'hostilité de son propre pays d'abord, qui la considère comme impure, puis l'océan de textes qui se débattent pour trouver un éditeur étranger disposé à le traduire et à le publier. Ce que l'on tient dans les mains est d'autant plus précieux qu'il est un témoignage rare de ce qu'a vécu la communauté métisse d'Afrique.
La Libre
