Nager sa vie: Journal d'un nageur
Accro à l’adrénaline depuis son plus jeune âge, le poète anglais Al Alvarez – auteur de Nourrir la bête et Le Plus Gros Jeu – se voit obligé de ralentir car son corps de plus de 70 ans ne suit plus son goût du risque. Il décide donc de commencer à nager au quotidien, été comme hiver, dans les étangs de Hampstead Heath, des petites oasis, des fragments de nature sauvage nichés au cœur du nord-ouest de Londres et qu’il connaît depuis son enfance.
En racontant quelques-uns de ces bains avec son style poétique, enthousiaste et légèrement mélancolique, Alvarez réussit à aborder avec justesse, humour et une honnêteté féroce la beauté de la nage et de l’âge, du temps qui passe, une thématique universelle et intimiste. Comme l’explique Philip Roth, l’un des grands admirateurs de ce texte, ce livre est « une magnifique incantation à la vie dans ce qu’elle a de plus simple et de meilleur. Une litanie à la morsure vivifiante de l’eau froide, aux oiseaux sauvages et au ciel invariablement fascinant ». Un livre élégant et jubilatoire qui prouve qu’il n’y a rien de mieux dans une vie que la natation, le sexe et le sommeil.
La presse en parle
Considéré en Angleterre comme l’un des pères de la non-fiction littéraire, l’écrivain et critique Al Alvarez (1929-2019) était aussi un sportif frénétique. Passionné de montagne – il faut relire le très beau Nourrir la bête (Métailié, 2023) –, l’écrivain dut cependant, l’âge avançant, abandonner l’alpinisme pour une activité plus calme. Ainsi se mit-il à nager méthodiquement, en toute saison, dans les étangs de Hampstead Heath, dans le nord de Londres. Publié six ans avant sa mort, c’est son « journal d’un nageur », mais d’un nageur poète et philosophe, qu’il offre ici.
Florence Noiville, Le Monde de Livres
