Les 5 portes: Trouve le chemin de ta spiritualité

Auteur : Fabrice Midal
Editeur : Flammarion

Le bonheur de faire.
Le bonheur de voir clair.
Le bonheur d'être en relation.
Le bonheur d'être comblé.
Le bonheur d'être en pa.
Ces 5 bonheurs sont les 5 portes qui te montrent le chemin de la vraie spiritualité. À l'aide d'un test, découvre ta porte principale : elle est la puissance qui te guide vers le bonheur. À travers des exercices et des rituels, apprivoise ces portes pour surmonter tous les défis de la vie.
Plus qu'un livre, une méthode initiatique.

19,90 €
Parution : Janvier 2022
240 pages
ISBN : 978-2-0802-3676-0
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Extrait

Prologue
Il m’a fallu des années pour mesurer ce qu’il m’était arrivé ce jour-là, assis sur un banc, dans un parc, en face du lac.
J’avais seize ans. C’était une très belle journée de début de printemps et, après avoir hésité, j’avais suivi quelques copains pour m’aérer à la sortie des cours. « Copains » est un grand mot : je n’avais pas d’amis au lycée, je me sentais étranger au monde des adolescents de mon âge, nous nous regardions avec curiosité mais sans animosité. Nous entretenions des relations cordiales, sans plus. Mais je dois admettre que leurs conversations, leur enthousiasme, leurs cris me fatiguaient assez vite.
Je m’étais sans doute surestimé. Après une petite marche, la perspective de courir avec eux autour du lac, pièce centrale du parc, m’avait glacé. Je leur avais proposé de les attendre sur un banc, sous un arbre, pendant qu’ils se défoulaient. Je m’étais assis, soulagé de retrouver un peu de calme et de silence. L’air était pur, le climat idéal, le soleil jouait avec les feuilles des arbres d’un vert intense. Je les regardais s’éloigner quand cette chose m’est arrivée. Une sorte de fulgurance, d’épiphanie – un mot grandiloquent mais je ne sais pas comment la nommer autrement.
D’un coup, le temps m’a semblé s’arrêter. Une parenthèse d’éternité s’est ouverte. L’instant était fragile, j’aurais pu le balayer en n’y croyant pas, en sortant un livre de mon cartable ou en me laissant distraire par de quelconques pensées comme nous le faisons bien souvent, trop souvent. Mais je me suis laissé emporter. Je suis resté à l’écoute de cette fugacité même si je ne la comprenais pas. Sans le savoir, j’étais sans doute prêt.
Étrange voyage pour lequel mes préoccupations, mes problèmes, mes soucis se sont mis en suspens. Ils n’avaient plus d’intérêt par rapport à la densité de la présence au monde que je vivais. Mon tempérament torturé s’effaçait : je cessais de me sentir comme un bouchon de liège flottant dans le monde. Autour de moi, il n’y avait plus que les arbres. Je les regardais. En fait, non, je ne les regardais pas, j’étais immergé en eux, dans le ciel, dans la nature tout entière. Je me sentais entrer dans la vraie vie, dans la vraie réalité. Comme si, jusque-là, je m’étais contenté de la frôler...
Une impression bizarre m’a envahi : je n’avais plus d’âge. Ou plutôt, j’avais tous les âges, vingt ans, quarante ans, soixante ans. J’étais dans l’intangible : un humain assis sur un banc. Je voyais mes camarades courir au loin. Curieusement, je n’étais plus séparé d’eux. Ils ne m’étaient plus étrangers. J’étais en amitié, en fraternité avec eux comme avec le reste du monde. Je n’étais plus seul. Je n’étais plus un ovni dans le monde.
Cette expérience a-t-elle duré quelques minutes ? Une demi-heure ? Je ne saurais le dire. J’en ai émergé lentement, en continuant de la goûter. J’étais ressourcé, plein, aligné avec moi-même, mais sans nostalgie de ce que je venais de vivre. Il n’y avait plus aucune tristesse dans mon cœur. Pour la première fois depuis longtemps, j’avais dépassé ma colère contre moi, contre la vie. J’ai même pris plaisir à retrouver mes camarades : ils n’étaient toujours pas mes « vrais amis », mais leurs bavardages me paraissaient moins pénibles, leur présence moins lourde, moins écrasante. J’étais prêt à les accepter, à les aimer tels qu’ils étaient.

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